extrait du discours :
"Je veux leur répondre que la démocratie ne peut exister sans citoyens responsables : ne laissons pas s’installer cet hold-up de l’imaginaire, où l’important devient de savoir raconter des histoires, ou savoir vendre des produits.
Le responsable politique n’est pas là pour rythmer un feuilleton et la politique, ce n’est pas contester tout et n’importe quoi. Dire que l’autre a tout fait mal. Ce n’est pas attaquer les élus parce qu’ils ne sont pas du même « clan ». Ce n’est pas se livrer à des lynchages sans foi ni loi pour se faire plaisir ou pour satisfaire une ambition personnelle, ou bien encore entretenir de fausses rumeurs …
La politique c’est tout simplement apporter son concours personnel au sein d’une équipe, de présenter des projets, d’en débattre, de les modifier en étant à l’écoute des autres, sans faire valoir son orgueil ou sa vanité, voire son arrogance.
La politique c’est gérer une collectivité, inciter au développement, susciter des initiatives personnelles ou collectives, promouvoir la croissance économique, anticiper, préparer l’avenir, en être fier, et être fier de sa ville, et de son pays.
Mes chers Amis,
L’éthique est le moteur de mon engagement. Ce doit même être celui de tous les élus honnêtes et sincères, quelques soient leurs opinions.
Elle est indispensable pour agir avec discernement, pour peser ses décisions, en conscience.
Elle est nécessaire pour que la raison l’emporte sur la passion, pour que l’on ne cède pas à la facilité de l’immédiateté. Pour peser le pour, le contre, et que chaque décision, chaque arbitrage rendu le soit en ayant la conviction d’avoir agi dans le sens de l’intérêt général.
...
Mesurer les causes et les conséquences de toute décision, fût-elle mineure, c’est une des définitions de l’éthique en politique. Et elle s’applique aussi bien pour des grandes décisions géostratégiques que dans l’action au quotidien, celle que nous menons, élus locaux....."
extrait du discours :
"...Pour ma part je suis persuadé qu’il vaut mieux refuser toute forme de démagogie, refusé de promettre ce qui n’ai pas tenable.
Raymond BARRE disait : «je préfère être impopulaire qu’irresponsable ».
Et je refuse également cette façon qu’ont certaines personnes de bâtir leurs carrières en dressant des catégories de citoyens les uns contre les autres :
- Ceux qui travaillent tôt contre les chômeurs.
- Les salariés du privé contre les fonctionnaires supposés nantis.
- Les ruraux contre les urbains.
- La province contre Paris.
Et surtout, je refuse le communautarisme, qui consiste à flatter les particularismes.
J’y préfère l’idéal républicain qui consiste à s’enrichir mutuellement de nos différences tout en recherchant systématiquement ce qui peut contribuer à forger une identité commune.
En d’autres termes, la République est indissociable du concept de Nation, dont je refuse qu’il soit récupéré et déformé par quelque idéologie que ce soit.
La Nation, c’est tout simplement l’idée que nous sommes tous des citoyens, certes avec nos différences, nos spécificités, nos origines, nos religions, mais avec en nous la conscience aiguë que nous avons et forgeons notre destin commun.
« Si tu diffères de moi mon frère », écrivait Saint Exupéry, « loin de me léser tu m’enrichis ».
Et ce qui est valable au niveau d’un Etat l’est aussi au niveau d’une commune.
C’est pour cela qu’il est important de défendre l’identité d’une commune, d’un territoire.
Je sais bien qu’à Montgeron comme ailleurs, il y a des spécificités, parfois même des petites rivalités entre quartiers.
Mais je me refuse à tomber dans ces pratiques qui consistent à pousser les feux de ces particularismes pour s’attirer les bonnes grâces des habitants de tel ou tel quartier.
Je refuse cette stratégie qui segmente, qui fragmente, qui divise, qui oppose.
L’éthique est un concept actif, au fondement de l’action individuelle de chacun d’entre nous.
Je dis éthique, car plus que morale qui évolue … l’éthique nous parle d’une obligation à l’égard de soi, d’un devoir envers soi-même.
L’homme n’a de valeur ou de sens que dans la mesure où il est une pierre d’un édifice immense - l’espèce humaine – ce qui exige de lui, d’être lui-même solide.
L’identification de la liberté au « pouvoir plus » et à « l’avoir plus » ne peut conduire, on l’a vu dans l’histoire, et on le voit encore aujourd’hui, qu’au totalitarisme ou à la jungle économique et sociale.
D’autre part, une liberté individuelle refusant toute contrainte, toute règle, négligeant la raison et le souci d’objectivité ne peut être que dangereuse pour celle des autres...."
extrait du discours :
"...permettez moi de distinguer l’éthique de conviction et l’éthique de responsabilité.
En effet, l’éthique de conviction consiste trop souvent à se mettre sans la réflexion nécessaire au service d’une fin, sans analyse des moyens à mettre en œuvre pour la réaliser, ni des conséquences prévisibles.
L’éthique de responsabilité au contraire porte l’attention de l’homme sur les moyens disponibles, évalue les conséquences, et s’il faut faire des compromis, elle prend la mesure en tenant compte des défaillances humaines possibles.
Vous savez, la démocratie a ceci de merveilleux qu’elle a totalement bouleversé les méthodes d’acquisition du pouvoir.
De nos jours, elle ne s’effectue plus par invasions, par échanges de territoires ou par successions monarchiques. Ce n’est pas parce qu’on est dauphin qu’on devient roi ! Surtout quand on veut se faire couronner chez les autres …
C’est bien par l’élection au suffrage universel direct que les responsables politiques accèdent aux fonctions.
Le démagogue n’hésitera pas à tout promettre pour mieux ensuite se démettre.
Le démocrate lui, s’efforcera de concilier sa force de conviction et le souci de vérité. Il lui sera peut-être plus difficile de conquérir d’emblée le cœur des citoyens que le démagogue. Mais s’il les conquière ce sera dans la durée, et dans l’honneur.
Je ne voudrais pas terminer ce dernier discours des vœux du mandat qui s’achève sans rendre un vibrant hommage à toute l’équipe municipale, à ces femmes et) ces hommes qui ont sacrifié une partie de leur vie personnelle, familiale, professionnelle pour consacrer du temps à la chose publique, la Res Publica.
Qu’ils soient de l’opposition ou de la majorité, merci à chacune et chacun d’entre eux.
D’autant qu’au-delà des différences bien légitimes, ils ont su se rassembler, unanimes sur des dossiers importants, tels que le marché Saint Hubert ou la vie de notre communauté d’agglomération. "
"....Que cette année 2008 nous permette de ne pas revenir en arrière, mais d’aller de l’avant, vers ce supplément d’âme.
L’humanité est dans nos propres mains. A l’heure où la facilité immédiate peut être assouvie, ne faut-il pas
Moins de certitudes,
Moins de suffisance,
Moins d’arrogance,
Plus d’humilité,
Plus de curiosité,
Plus de gourmandise des autres,
Bref, de l’ambition partagée pour se poser la question de l’humain ? Seul on va plus vite. Ensemble on va plus loin.
Alors permettez-moi en guise de conclusion, de vous livrer ma vision de l’espérance. Elle repose sur trois piliers :
- le partage croissant des connaissances rendu possible par les nouveaux médias, doit à mes yeux faire de nous des acteurs plus lucides sur leurs droits et leurs devoirs. Alors l’éducation prend tout son sens, et c’est pour cela que je la place au cœur de ma philosophie de l’action
- le sentiment d’appartenance à la même planète doit s’enrichir par la redécouverte ou la reconnaissance de l’autre. Et je vois des signes, timides certes, mais tangibles qui émergent en ce sens
- la conscience de l’efficacité collective : de tout temps, je considère qu’elle suppose l’adhésion aux valeurs de probité et le souci du bien commun
Il y a quelques jours, pour Noël, à l’occasion de notre concert de chorales annuel au profit de la Ligue contre le cancer, le professeur Gautier, président de la Ligue, soulignait :
« chaque année, j’aime venir ici à Montgeron, parce qu’il y règne une ambiance de vraie solidarité et de fraternité ».
Je vous invite à partager ce magnifique compliment.
Mes chers Amis, Jaurès écrivait :
« Il ne faut avoir aucun regret pour le passé, aucun remords pour le présent, et une confiance inébranlable pour l’avenir ».
Que cette année 2008, année olympique, soit fructueuse pour nos cinq athlètes sélectionnés, soit pleine de cette confiance inébranlable pour notre avenir commun, soit solidaire et fraternelle pour tous, et chacune et chacun d’entre vous douce et merveilleuse année 2008...."